Zoom sur Laïla Foulane, propriétaire du Manoir du bel-âge

Laïla  est une femme de caractère qui sait où elle a envie d’aller et qui entreprend avec brio. 

Nous réalisons l’entrevue en visio mais tout de suite elle me précise qu’elle préfère rencontrer les gens en personne, la chaleur humaine étant préférable à la distance que peut mettre un écran entre deux personnes. Originaire du Maroc, elle est installée depuis très longtemps au Canada dans la région de Québec et la ville de Sherbrooke. 

Laïla est infirmière auxiliaire dans le domaine de la gériatrie. Elle exerce à temps complet dans un CLSC, gênée par le manque de temps qu’impose le service public avec ses patients, elle trouve que la prise en charge n’est pas en accord avec ses valeurs et ce qu’elle a envie de transmettre aux personnes âgées qu’elle accompagne. 

C’est lors d’un dimanche en famille que Laïla  décide de sauter le pas et de se lancer dans l’entreprenariat : elle va ouvrir sa résidence pour personnes âgées dans laquelle elle pourra exercer comme elle le souhaite et prendre le temps avec ses patients.

Elle se lance dans la ville d’Asbestos maintenant devenue Val-des-Sources et reprend une résidence, en partant de zéro client. Elle peut accueillir six personnes mais les premiers mois ne sont pas aussi simples qu’elle l’avait envisagé.

Force est de constater qu’il est très difficile de trouver une place dans une résidence pour une personne qui a besoin d’être accompagnée de façon quotidienne quand elle perd une partie de son autonomie. Et pourtant aucun appel, aucune demande, aucune référence pour sa résidence.

Laïla  décide de prendre le taureau par les cornes et de rencontrer le directeur d’une institution publique pour comprendre pourquoi on ne réfère pas de clients pour sa résidence alors qu’il manque cruellement de place. De manière assez frontale, elle pose la question : est-ce ma religion qui pourrait être un frein aux références que vous pourriez me faire? 

En effet, de manière totalement transparente, il est important parfois de savoir que les choix de vie que nous pouvons faire ne sont pas ceux des autres, ils peuvent parfois les effrayer au point de ne pas prendre des services dont ils ont pourtant besoin. C’est alors qu’elle passe une entente orale avec celui-ci : laissez-moi une chance et je vous montre ce que je peux apporter à ces personnes, vous pourrez ensuite décider de me référer ou pasCoïncidence ou pas, depuis ce jour-là, sa résidence ne désemplit pas.   

L’humain est au cœur de ses pratiques, et de l’accompagnement qu’elle propose aux personnes qui perdent de leur autonomie en lien avec leur âge. Un profond respect pour chacun des résidents est palpable quand elle parle d’eux. Elle connaît chaque histoire, elle connaît les moindres détails, les besoins, les goûts de tous ces résidents. Ils sont comme une extension de sa famille, il n’est pas question de négliger leurs besoins fondamentaux par manque de temps. Au contraire, elle met un point d’honneur à accueillir chacun d’eux et à leur faire vivre une expérience humaine qui pourra faire une différence dans leur vie. Son mari fait partie de cette mission de vie et il travaille au sein de la résidence. Tous les deux ont à cœur le bien être de chacun des résidents et mettent tout en œuvre pour qu’ils soient respectés et accompagnés avec bienveillance.

Laïla aimerait ouvrir d’autres résidences et offrir aux personnes âgées un accompagnement digne pour leur dernières années de vie. 

Entrevue réalisée par Audrey Ndjave Sulpizi, fondatrice de la Clinique périnatale HMB

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