Zoom sur Lyne Leclerc, coach professionnelle

Qui est Lyne Leclerc ?

Leader au support chez Rio Tinto, un mandat qu’elle exerce depuis trois ans, Lyne est également une Strength coach certifiée de Gallup depuis 10 ans. C’est une activité qu’elle chérit énormément parce qu’elle l’enrichit au quotidien. 

Quand est arrivé le moment de se spécialiser, Lyne a choisi de se tourner vers un coaching qui met l’accent sur les forces de l’humain et en l’occurrence le StrenghtsFinder, développé par Gallup il y a plusieurs années et qui permet aux coachés de découvrir et de bâtir sur leurs talents. Lyne est animée et passionnée par le développement de « : ce qu’il y a déjà de beau et de bon en chacun ». 

Selon elle, c’est un pur bonheur lorsqu’on découvre ses forces et qu’on construit dessus. Le retour sur investissement est six fois plus élevé que si l’on essayait de développer un atout qu’on n’a pas et qu’ensuite on essayait de bâtir dessus : il est bien plus simple de construire sur ce qui existe déjà.

As-tu eu des peurs quand tu as voulu te lancer?

À cette question, elle affirme que lorsqu’elle s’est lancée, elle ne connaissait pas grand-chose de l’entrepreneuriat : « je ne savais presque rien sur l’entrepreneuriat (…) Je ne réalisais pas l’ampleur de la tâche ». Elle affirme par ailleurs qu’on n’apprend pas à être entrepreneur, malgré les quelques modules qu’on peut recevoir lors des formations. Elle mentionne qu’il y a tellement de choses à faire lorsqu’on se lance, qu’il est important de déléguer très tôt, de développer des standards et des processus. Dans son parcours Lyne a dû appliquer ce qu’elle enseigne à longueur de journée : se concentrer sur ce qu’elle fait le mieux et déléguer sur ce qu’elle fait moins bien.

De par son type d’activité, Lyne se considère plus comme une professionnelle et non pas vraiment une entrepreneure, même si elle a une pratique à gérer.

Quels sont les points dont il faut se doter pour détenir une entreprise pérenne ?

Pour pérenniser une pratique comme la sienne, Lyne conseille de promettre peu et de livrer plus, plutôt que le contraire. En coaching, il n’est pas judicieux de faire des promesses de résultats. On ne peut promettre que le processus et la démarche. Le résultat appartient à la personne coachée. En promettant ce qu’on peut livrer, on bâtit la confiance et la crédibilité chez ses clients.

Lyne ajoute qu’en tant que coach, il est important de faire sa propre introspection : « il faut travailler sur soi premièrement, se développer, avant d’essayer de se placer en exemple pour les autres ». Elle affirme d’ailleurs qu’elle ne se ferait personnellement pas accompagnée par un (e) coach qui ne se fait pas lui-même coacher ou ait suivi des formations.

Comment avez-vous vécu la pandémie

La pandémie n’a pas vraiment eu d’impact sur la pratique de Lyne. Elle n’a pas ressenti de ralentissement ni de changement majeur parce que sa pratique est déjà virtuelle et internationale, avec des coachings en France, Suisse, en Australie et un peu en Afrique. Pour Lyne cela a été une continuité, dans une réalité qu’elle connaissait déjà bien.

La seule chose qu’elle a remarquée est un léger ras-le-bol chez les personnes qu’elle accompagnait, surtout chez les personnes plus sociables. Toutefois, elle percevait quand même l’engouement de ces personnes en coaching. Elles étaient très motivées et axées sur les objectifs du coaching : découvrir leurs forces et être en mesure de construire dessus.

Selon Lyne, la pandémie aura permis aux coachs qui ne tenaient que des formations en présentiel de considérer le volet du coaching en ligne ou virtuel : « les choses ne seront plus comme avant mars 2020 ». Les professionnels vont envisager des options de formations en virtuel, alors que de plus en plus d’entreprises s’équipent dans les outils technologiques.

Quelle anecdote marquant de votre parcours vous avez envie de nous partager

Lyne esquisse un beau sourire en affirmant qu’en virtuel, les anecdotes sont moins fréquentes qu’en présentiel. Néanmoins, elle se souvient d’une formation qu’elle devait donner à St-Jérôme avec une de ses collègues. À fond dans la préparation de son atelier, les inscriptions de dernière minute et la création de matériel pour les participants, Lyne n’a pas fait attention à la météo qui prévoyait une énorme tempête. Ses participants eux par contre ont eu une petite longueur d’avance et ont opté de se rendre sur les lieux la veille. Pour tenir son engagement envers ses participants, Lyne a dû se lever à une heure du matin, conduire dans la nuit, avec la neige à hauteur du pare-choc du véhicule qui l’emmenait au lieu de la formation. Morale de l’histoire, Lyne ne prend plus de risque et se prévoit désormais un hébergement quand elle doit se déplacer pour donner une formation.

Quel conseil pour ceux qui veulent se lancer ?

Avant de se lancer dans une pratique de coaching, il est important de se bâtir personnellement, de construire son portefeuille de compétences et de baser son coaching sur une expérience solide. 

Plus important encore, Lyne conseille qu’il faut commencer le coaching parallèlement à son emploi, parce que lorsqu’on a la pression financière, on n’est pas au meilleur de soi-même. On ne cherche pas à servir, mais à se servir et c’est un sentiment qui se ressent chez les clients. Après un petit faux départ, Lyne a dû faire un pas en arrière pour mieux sauter et s’il fallait le refaire, elle le ferait différemment et c’est ce qu’elle conseille aux personnes qui aimeraient se lancer dans le coaching : se rassurer d’avoir une base financière solide, avant de se lancer, afin d’apporter un service avec une valeur ajoutée aux clients.

Entrevue réalisée par Lili Nkoum, entrepreneure, fondatrice de Les cosmétiques Gweha.

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